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En 1925, il peint et sculpte le Piano à décor géométrique (acquisition
en 1983 avec le concours du F.R.A.M.) qui est la synthèse du mouvement "art déco" et des
recherches d'Herbin d'intégration de tous les arts. Les trois couleurs primaires pronées par Mondrian
y sont strictement inscrites dans des formes géométriques, liant ainsi volumes et surface comme le
montre deux études à la gouache. De 1922 à 1926, Herbin revient à la figuration. Ce
retour brutal à la représentation de l'objet après une quinzaine d'années passées
à s'en libérer pose question. Ce réalisme très stylisé et figé lui est
probablement nécessaire pour se détacher définitivement et sans regret de l'illusion figurative.
En 1926, Herbin retourne définitivement à l'abstraction. Les formes, qui semblent inspirées
par des machines ou par le monde organique et végétal, évoluent selon des courbes qui enserrent
la couleur dans des plans délimités pour créer un nouvel espace, cette fois, beaucoup plus
lyrique.
Au début de 1931, Herbin fonde avec le peintre et sculpteur belge Vantongerloo, le groupe (AbstractionCréation)
qui fait suite au collectif (Cercle et Carré) de Michel Seuphor. Ce groupe réunit tous les artistes
abstraits travaillant à/ou en liaison avec Paris et publie une revue où Herbin explique sa démarche
créatrice. C'est par la persévérance dans la recherche de la perfection que nous aspirons
à l'unité commune à tous les hommes et à tous les temps. Nous travaillons à
élargir, à approfondir, à élever la liberté lèguée par nos ancêtres
les plus proches et les plus lointains, nous travaillons à enrichir, à perfectionner l'humanité
elle-même.
Jusqu'en 1942, Herbin travaille sur la
forme génératrice de mouvement qui allie volutes et spirales à la rigueur des aplats géométriques
fortement contrastés. Le modelage des formes par la couleur disparaît progressivement. L'expression
passe par de grandes envolées dynamiques.
<Rien n'est immobile, L'infini n'existe pas. Le temps et l'espace sont limités par le mouvement. Tout
est fini. Tout
sera fini le mouvement enveloppe tout, pénètre tout.
Rien n'est isolé de tout, rien n'est indépendant de tout, en
volume, en ligne, en plan, en couleur écrit-il dans la
revue Abstraction-Création de 1932.
En 1937, il participe, pour l'Exposition Universelle de Paris, à la décoration du Palais des Chemins
de Fer et de la salle de cinéma avec Léger, Delaunay, Estève, Gleizes, Bissière...
Il y trouve la possibilité d'unir peinture et architecture, mais n'en fait pas un manifeste politique. Il
revendique l'autonomie de l'art par rapport aux processus sociaux.
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