AUGUSTE HERBIN

HERBIN écrit le 15 septembre 1953 à Maurice Guillot, Conservateur du Musée du Cateau: Mon grand père maternel était déjà installé au Cateau, quand je suis venu au monde à Quiévy. Je ne savais pas encore marcher que mes parents sont venus à leur tour s'installer au Cateau où ils travaillaient à, l'usine Moreau devenue par la suite usine Moguet. J'ai reçu toute mon instruction à l'école laïque du Cateau jusqu'au certificat d'étude et j'ai appris à l'école municipale de dessin avec les professeurs Lévêque, Nick, Bouterlique et Cambray. Pour tout le reste, je dois être considéré comme autodidacte. Je suis donc bien du Cateau et c'est ce qui me donne les raisons d'y venir de temps en temps.

HERBIN est né à Quiévy, village proche du Cateau, le 29 Avril 1882. Un an plus tard, ses parents viennent habiter au Cateau dans une maison de la rue Auguste Seydoux. Il va à l'école de la rue du Collège où il passe son certificat d'études. Il travaille ensuite comme clerc d'huissier tout en fréquentant l'école municipale de dessin.

A 17 ans, il part à Lille suivre les cours de l'école des Beaux-Arts tout en travaillant à la rédaction du " Réveil du Nord ". Passionné par les peintres impressionnistes, il y sensibilise les élèves de la classe de peinture, provoquant la colère de Pharaon de Winter, leur professeur, qui menace de fermer l'atelier. En 1901 il décide de partir à Paris avec 5 francs en poche et quelques tableaux. Il va vivre alors d'abord à Montmartre, puis à partir de 1909 au Bateau-Lavoir avec, entre autres, Juan Gris, Picasso, Apollinaire, Braque, Max Jabob.

L'Autoportrait de 1903 nous montre combien Herbin est proche à cette époque de l'impressionnisme. Le portrait est cadré de façon très classique. Mais il utilise une touche fragmentée, Indique les volumes par des taches de lumière et des ombres colorées si chères aux impressionnistes.

Jusqu'en 1906, il s'attache davantage à la couleur qu'à la forme qui conserve les contours flous et les effets d'ombre et de lumière de l'impressionnisme; en revanche la couleur aux tons vifs est appliquée en bandes juxtaposées ou en petites touches serrées, sous l'influence des postimpressionnistes et de Van Gogh: Chrysanthème dans un vase de 1905 (acquisition 1987 avec le concours du F.R.A.M.).

Dès 1906, les couleurs sont posées en aplats dans des formes plus stylisées où le modelé disparaît. Mais Herbin conserve des jeux de matières notamment dans les fonds. En 1907 il découvre la lumière méridionale en Corse et expose au Salon des Indépendants puis au Salon d'Automne où a lieu une grande rétrospective Cézanne.

En 1908-1909 les formes se simplifient et se géométrisent.

Moulin de St Benin, peint près du Cateau en 1909, montre comment Herbin construit ses tableaux par la couleur. Certains éléments conservent une perspective traditionnelle (le moulin), mais les formes géométriques sont définies par de grands aplats de couleurs qui, plus que les lignes, traduisent le volume. Le paysage de la partie gauche du tableau est une juxtaposition d'espaces colorés à la limite de l'abstraction.

Maman Rose peint en 1910, est une approche beaucoup plus cubiste du portrait. Herbin ne désagrège pas la forme comme Braque et Picasso, mais la transpose en plans géométriques dans lesquels la couleur garde un rôle essentiel et le sujet toute sa présence. Il expose d'ailleurs cette année là au Salon des Indépendants dans la salle Metzinger, Gleizes et Léger qui conserveront malgré la décomposition de la forme, toute son importance à la couleur.

Le dessin Paysage dHCyrdricourt de 1911 (étude pour le