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LES GOUACHES DECOUPEES
Le Musée conserve trois oeuvres réalisées
à partir de la technique des papiers découpés, Polynésie, le Ciel; Océanie,
la Mer (1946) et Vigne (1953). D'autre part, pour l'Ecole Maternelle Matisse, Matisse a donné en 1954 un
vitrail "Les Abeilles'.
Pendant les dix dernières années de sa vie, Matisse réalise la synthèse de son oeùvre
dans la création de la Chapelle de Vence et dans ses papiers découpés.
Le procédé des papiers découpés est simple. Matisse fait gouacher de grandes feuilles
de papier qu'il découpe ensuite aux ciseaux et fait épingler sur le support du mur.
Ces compositions sont ensuite considérées pour ellesmêmes, soit des maquettes de vitraux, tentures,
livres...Il n'y a pas de rupture, entre mes anciens tableaux et mes découpages i seulement plus d'absolu,
plus d'abstraction. J'ai atteint une forme décantée jusqu'à l'essentiel et j'ai conservé
de l'objet que je présentais autrefois dans la complexité de son espace, le signe qui suffit et qui
est nécessaire à le faire exister dans sa forme et pour l'ensemble dans lequel je l'ai conçu"
(E.P.A., p. 249).
"Dessiner avec des ciseaux. Découper à vif dans.la couleur me rappelle la taille directe des
sculpteurs" écrit-il dans Jazz, élaboré en 1943-44. "Le papier découpé
me permet de dessiner dans la couleur. Il s'agit, pour moi, d'une simplification. Au lieu de dessiner le contour
et d'y installer la couleur - l'un modifiant l'autre - je dessine directement dans la couleur, qui est d'autant
plus mesurée qu'elle n'est pas transposée. Cette simplification garantit une précision dans
la réunion des deux moyens qui ne font qu'un" (E.P.A., p. 242).
Polynésie, le Ciel; Océanie, la Mer, (1946).
Les maquettes de ces deux tentures sur lin, tirées à 30 exemplaires, ont été créées
par Matisse pendant l'été 1946. Ce sont ses premières grandes compositions réalisées
avec des papiers découpés.
Au début de 1946, Zika Ascher lui demande une décoration pour sa firme industrielle. Matisse réserve
sa réponse mais quelques mois plus tard, il, exécute à Paris deux grandes compositions. Sur
les murs belges de son appartement, il épingle des formes, inspirées par son voyage à Tahiti,
découpées dans du papier blanc. Il occupe ainsi tout l'espace par des "signes" d'une étonnante
liberté. "Le signe qui suffit et qui est nécessaire à faire exister (l'objet) dans sa
forme et pour l'ensemble dans lequel je l'ai conçu"
Matisse suivait toujours avec un soin très grand, les tirages de ses oeuvres. Pour ces deux tentures, il
choisit un tissu de lin de la meilleure qualité et la couleur qui se rapprochait le plus de celle du mur,
dont le beige l'avait séduit.
Les Abeilles (Ecole Maternelle Matisse, 1948-1952). La maquette de ce vitrail est réalisée avec des
gouaches découpées pendant l'été 1948 pour le mur sud de la Chapelle du Rosaire à
Saint-Paul de Vence. En novembre Matisse abandonne le thème des Abeilles pour celui de l'Arbre de Vie.
En 1952, Matisse transforme sa première maquette, supprime le mur plein du milieu et l'emplacement des stalles,
et fait réaliser le vitrail pour l'école maternelle du Cateau alors en construction. Il fut exécuté
par Paul Bony et achevé en novembre 1955.
"Ce vitrail a valeur de symbole. J'ai fait le rêve de donner la joie aux hommes. J'ai voulu créer
au Cateau une féérie de couleurs qui serait comme un esprit de la lumière" (citation
Ecole Maternelle Matisse).
Vigne (1953).
Matisse réalise en 1953 cette maquette pour un vitrail, sur la demande de son fils Pierre Matisse, pour
la cage d'escalier de sa maison de Saint-Jean Cap Ferrat. Matisse qui admirait la rampe en fer forgé de
l'escalier, s'inspire des volutes pour créer le vitrail.
"Monumentale orchestration des couleurs, leur lyrisme plein d'élan, leur joyeuse luxuriance obtenue
avec un strict raffinement" écrira Gaston Diehl en parlant des dernières oeuvres de Matisse.
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